Retours spectacle pour URSA MAJOR

Jean-Marie Villégier - Directeur du Théâtre National de Strasbourg de 1990 à 1993 - Metteur en scène d’exigence (dont le magnifique « Atys », de Lully, à l’Opéra-Comique, en 1987 et 2011, avec William Christie à la direction musicale)

« Est-ce une aurore, un crépuscule ? Le petit matin des éboueurs, le soir des astronomes ? La voici, sans accessoire, au rivage d’une demi-lune de lumière. Elle y plonge, corps et âme. Elle ricoche sur l’immense plateau, noir et nu, désert ou océan. Elle le soumet au poème, elle l’habite de part en part. Admirable fusion du quotidien et du légendaire : l’infiniment petit des labeurs ingrats, des douleurs et des joies anonymes, ici et maintenant ; l’infiniment grand des récits mythiques, surgis du fonds le plus lointain. Jamais le théâtre n’est si fort, si tendre, si majestueux, que dans ce dépouillement extrême qu’il est seul à pouvoir oser et que Dominique Louyot ose avec lui. Cela ne dure qu’une petite heure. Une heure qui pourrait durer des siècles et qui ne dure qu’un instant. »

Gilles Costaz - Critique dramatique (collabore aux Echos, à Politis, à L’Avant-Scène Théâtre, au Magazine littéraire, à Paris-Match, au Masque et la Plume – sur France-Inter)

« Ce « Ursa Major » est splendide. Dominique Louyot a une présence incroyable, rayonnante et sa façon d’être, de vivre, de jouer dans ce cercle de lumière est fort belle. Le texte va haut dans les étoiles où elle nous emporte. »

François Rancillac - Metteur en scène, directeur du Théâtre de l’Aquarium

« Il y a un cercle de lumière, et c’est tout, et c’est l’espace du récit, et c’est le monde – ou juste une cour d’immeuble. Il y a une femme qui raconte, et c’est tout, et c’est toutes les femmes qui parlent par sa bouche - entre celles qu’on peut croiser dans les recoins de nos villes, à la marge de notre quotidien, venues on ne sait d’où, faisant on ne sait quoi... et celles qui, de toute éternité, ont subi en plein cœur la violence des hommes : guerres, génocides, exodes, qu’importe - la liste est longue de ces barbaries qui détruisent tout sur leur passage et poussent les plus faibles sur les routes de l’exil.
Comment se reconstruire alors ? En s’inventant d’autres vies. En endossant d’autres langues. En s’occupant encore des fleurs. En soignant encore un homme, un chat. En tentant de raconter à mi-voix à une voisine d’immeuble, par bribes et en butant sur les mots, la douleur du passé, la joie du présent, la promesse d’une réconciliation. Dominique Louyot joue comme elle écrit : l’air de ne pas y toucher, la tête dans les étoiles, mais les pieds bien ancrés dans le sol. Tout sourire, toute grâce, elle raconte comme à trois voix dans une seule bouche l’aventure d’ « une femme, toutes les femmes ». Il y a là toute la vie qui passe, et c’est large, et c’est généreux. »

Dany Toubiana - Chroniqueuse Théâtrorama

« Elle apparaît minuscule silhouette sombre en provenance du fond de la scène. Elle se tient à la limite du cercle délimité par la lumière, prête à chaque instant à disparaître dans l’ombre du plateau.
Dans un monde théâtral qui tend de plus en plus à vibrer de tous les bruits et les fureurs audiovisuels et technologiques, menue et fragile, Dominique Louyot fait le pari d’un plateau nu et du corps « nu » de l’actrice qui raconte, sans décors, sans sons et sans musique, une histoire de gens simples, une histoire qui parle des fleurs, des étoiles, des douleurs de la solitude et des découvertes émerveillées d’une femme qui sait regarder au-delà du chaos de sa vie brinquebalée...

Jouant sur les sonorités des mots étrangers, procédant par glissement du sens, passant de l’intimité de la maison à la rue, du rêve à la réalité, l’actrice passe de la petite histoire à la grande, nous offrant la qualité rare des mots de l’indicible et de l’invisible du théâtre.
Pris au premier degré les mots se révèlent porteurs de sens cachés qui entraînent le spectateur vers la tendresse et la fureur, la sensation et l’image fantasmée pour le conduire, lentement, tendrement vers la géographie plus intime d’un théâtre intérieur qui n’appartient qu’à lui.

Entre temps et hors temps, on marche sur le fil des mots uniquement portés par la voix, on se glisse vers l’infini dans les silences et la lenteur du temps qui passe. C’est beau comme une prière, une symphonie ou un orage. Bonne route à ce joli spectacle ! »

Corinne Bernard - Directrice de la Fondation Beaumarchais - SACD

" Quelle joie de pouvoir enfin entendre ce texte - après l'avoir découvert il y a maintenant quelques années en arrière ! On sait le parcours toujours aussi compliqué que celui de la création ! Mais Dominique Louyot a eu raison de ne jamais rien lâcher ! Parce que le théâtre est fait pour être incarné et rencontrer son public... et le public ne pouvait qu'être emporté avec elle !

Elle était seule dans son halo de lumière - non pas comme dans une arène - parce qu'elle n'était pas en danger - nous étions là pour l'écouter, captivés par sa parole. Elle était magnifique, d'une élégance, d'une subtilité rare ! Quel plaisir ! Merci ! Longue route à ce Ursa Major et à elle !"

Gilles Costaz - Critique dramatique 

Ursa Major : la douleur et l'amour - " Le théâtre mythique est une espèce rare aujourd'hui. Ursa Major de Dominique Louyot est de cette nature-là. C'est-à-dire qu'on y retrouve la nuit des temps, l'histoire du monde et l'actualité immédiate. Une femme apparaît sur la scène. Elle conte sa vie, la recherche de ses enfants, sa fuite loin des guerres et des violences. Et ce sont toutes les femmes de la planète, du passé et du présent qui nous parlent. L'écriture est celle de la fable et de la légende, avec en même temps, les secousses cardiaques d'aujourd'hui.

Dominique Louyot a eu l'audace de jouer et de mettre en scène elle-même sa propre pièce. Quelle folie! Mais elle a eu la récompense du risque pris : elle est, d'une manière tendre, secrète, blessée, parfaite, cette femme errante éclairée par la Grande Ourse qu'elle a imaginée. Le cercle de lumière dans lequel elle entre et où elle avance lentement, c'est l'univers et ce cercle étroit est plus vaste que tous les décors. Cette extrême simplicité, c'est l'extrême beauté ! Les mots sont lourds de douleur et d'amour. Dominique Louyot les porte comme un messager antique, mais, avec dans la tragédie, le sens du bonheur. Plénitude du texte, plénitude de la présence. Le théâtre mythique prend ici la forme d'une fraternelle cérémonie. On n'oublie pas ce moment hanté par nos hantises, illuminé par un feu lent et roux. (1er mars 2016)

Anne Weinstich - Correspondante à Paris du Théâtre Toursky à Marseille 

" Dominique Louyot  offre un texte sensible,  intelligent et généreux. C¹est une merveilleuse conteuse qui congédie la violence et agrandit la présence. Debout ! Debout parce que fièrement face à nous et donnant corps au texte, Debout parce que portant haut le propos, droit dans ses bottes, droit dans son coeur et dans l'émotion, elle nous raconte l'odyssée d'une femme par le coloris des mots, l'expressivité du corps. Humaine et fraternelle elle parle d'exil, d'errance, du malheur de femmes, d'enfants et d'hommes qui marchent et parle avec la grâce lumineuse en prenant le sentier des étoiles."

 

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